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Le forum : L'Antonin Magne 2009

samedi 08 août 2009

L'Antonin Magne 2009

Auteur: Michel Santidrian
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Longtemps j'ai hésité à la faire. Non pas quelle soit trop dure, mais physiquement, je ne suis pas au point.
Des douleurs au genou gauche et une névralgie cervico-brachiale m'ont longtemps bridé.
Le jeudi mon magnétiseur me donne le feu vert niveau cervical. Le genou lui a l'air d'aller.
C'est juste parait il un bout de cartilage qui se promène à l'intérieur.
Pourvu qu'il n'aille pas trop loin...on verra bien.
On décide avec mon épouse que je partirais la veille.
Deux heures de route aller, deux heures de route retour, plus la fatigue de la course, ont vite fait basculé la balance.
Pas question pour mon épouse de me retrouver dans un fossé ou dans un arbre.
Quelques coups de fils le vendredi suffisent pour trouver un gîte qui veuille bien m'accepter.
Ce sera celui De Benech près de Mandailles St Julien qui est sur le parcours de la course à 25 kms du départ.
Samedi après midi : départ pour Aurillac. Je dois être au gîte avant 18 h.
Arrivé à Aurillac, je me mets à la recherche du lieu d'inscription, car bien sûr, je n'ai pas pu m'inscrire avant.
Tournicoti, tournicota, le GPS étant encore plus perdu que moi : les panneaux indiquant la course étant très rares (2 en tout et pour tout).
Je me renseigne auprès d'un véhicule auto école qui m'envoie dans la bonne rue.
J'aperçois la ligne de départ et d'arrivée mais aucun gymnase aux alentours. Regalère pour trouver ce fichu gymnase. Je finis par demander à deux gamins en rollers s'ils connaissent ce que je cherche. « Pas de problème » me disent-ils. « On vous montre le chemin mais n'allez pas trop vite ! » Une procession se forme. Un gamin devant attendant son copain qui n'a pas l'air plus doué que moi en rollers, mézigue en warning qui suit les mômes et ... les voitures qui commencent à s'agglutiner derrière moi. Vous voyez un peu le topo. Le moins doué des deux décide d'abandonner et me dit que son copain ira plus vite. En effet ça va plus vite et une centaine de mètres plus loin il me fait tourner à droite dans une petite rue où j'aperçois un petit panneau blanc m'indiquant le gymnase au fond d'une impasse (si la DDE avait mis le panneau dans les deux sens je me serais moins paumé !) Essoufflé le gamin s'arrête devant le gymnase, mains sur les genoux et me montre le bâtiment. Je le remercie chaleureusement et fonce m'inscrire car cet aparté m'a fait perdre beaucoup de temps.
A l'intérieur pas beaucoup de sponsors, juste des revues de « Top Vélo » et un présentoir de produits énergétiques.
En me garant le lendemain, j'aperçois Olivier Blais qui vient me saluer.
Deux copains de Souillac Cyclisme Alain Beigné et Michel Joignie sortant du gymnase m'aperçoivent.
Salutations, comment ça va, etc... puis comme nous sommes tous les trois dans la même catégorie d'âge on se dit à tout à l'heure.
La particularité de cette course, c'est que le départ se fait caté par caté.
En allant m'échauffer, j'aperçois Anne Pauline sur la ligne prête à partir.
Elle m'apprend que Samuel, étant trop à court d'entrainement, ne viendra pas.
Tant pis. Un gars en tenue de l'aéroport de Paris me dit bonjour, c'est Bernard Provost.
Les plus anciens et les filles partent en 1ers.
Je ne reverrai plus Anne Po jusqu'à l'arrivée.
Déjà qu'elle part avec 5 min d'avance, si elle ne crève pas c'est mission impossible pour la rattraper.
Car la miss elle a de l'entrainement ELLE, pas comme mézigue qui n'ose pas trop forcer et qui n'a pas monté un col de l'année !!!
Ca y est c'est parti, après le traditionnel laïus de l'organisation sur la sécurité, les déchets et la nature on lâche les fauves.
Dès le départ ça grimpe, pas fort mais ça grimpe quand même.
J'essaie de suivre mes deux copains souillaguais mais j'ai du mal et ils me lâchent, j'ai pas assez fait tourner les jambes avant.
Je m'intègre dans un groupe parmi lesquels se trouvent deux gourdonnais, ma ville natale.
Nous sommes une douzaine.
Chemin faisant on rattrape différents groupes.
Dans l'un d'eux j'aperçois un maillot de Souillac.
La carrure me fait penser à un autre copain de Souillac (Jean Claude), mais les chaussures et le vélo m'apprennent que c'est Alain que je viens de rattraper.
On ne se quittera plus.
Les villages et lieu dits défilent : St Simon, Mousset, Velzic.
On arrive à Mandailles puis Benech.
J'espère voir les gens du gîte où j'ai passé la nuit mais personne n'est là.
Les premières rampes du col du Pas de Peyrols sont là.
4,5 % le 1er km, puis 5,4 %, pour devenir en moyenne 7,5 % 11 kms plus haut, car les organisateurs ont eu la bonne idée de planter des petits panneaux tout les kms nous indiquant le pourcentage de la pente dans tous les cols que nous allons monter.
Comme dans les Pyrénées ou les Alpes.
C'est pas beau ça, ce n'est pas de l'organisation ça ? Merci messieurs les bénévoles, ça c'est du boulot ! Petit plateau de mise, le col (que nous allons monter deux fois) est avalé gentiment sur un 30/23.
Pas question de faire des folies, soyons humble avec la pente.
Alain me montre le paysage, il est somptueux.
Il me fait penser aux vallées pyrénéennes du col de Tramassel (Hautacam) et j'ai une pensée pour Pierre qui doit être lui aussi en train de grimper quelques parts dans son beau pays.
Que du bonheur ! Le temps est splendide, ensoleillé et pas trop chaud.
Les routes sont agréables et rendent bien.
Alain me dit que le deuxième passage, si on passe par Salers, va être un épouvantail car il a un raidard sur 2 kms entre 16 à 18 % tout droit au milieu de la forêt.
Les murmures vont bon train dans le groupe.
Ca impressionne c'est sûr.
On ne passera pas par là, ça demanderait un trop gros détour... Le col de Redondet est passé sans même s'en apercevoir...ça montait toujours !
Les costauds arrivent. Il me semble voir passer Karl Coudre parmi les premiers.
Les autres caté commencent à nous rattraper, enfin pour être franc on s'est fait enrhumer quoi...
Olivier me rejoint et tire la langue.
Ca le change des sorties club me dira t'il plus tard.
Ca ne l'empêche pas de me déposer quand même...
Un ancien maillot du club arrive à ma hauteur.
C'est Didier Turquois. « Pas trop en forme » me dit-il, ce n'est pas pour autant que j'arrive à le suivre.
Il est revenu à Gramat, son village lotois d'origine et c'est en « voisin » qu'il est ici.
Peu après c'est au tour des dossards rouges de passer, les élites, mais il me semble qu'ils montent moins vite... Ca va être la bagarre bientôt.
Après la descente très technique car les virages sont serrés et les bouts droits pas très longs, un peu de plat se profile, je vais pouvoir faire « parler » mes jambes.
Nous ne sommes plus que 4 ou 5 dans le groupe.
La montée et la descente a clairsemé les effectifs.
A 45 km/h les petits groupes esseulés sont vite rattrapé et le notre grossit.
Pour ceux qui arrivent à suivre, pas question de laisser filer cette locomotive.
Des jeunots dépassés se joignent à nous mais tirent la langue à cause du vieux qui les emmène.
Plats et faux plats se succèdent.
Je me suis refais la santé. »Ca roule vite, pas grand monde pour prendre les relais » dis-je à Alain.
Serrant les dents et souffletant, il monte à ma hauteur pour me dire que tout le monde est 20 m derrière et qu'à cette allure là si on ne ralentit pas on va faire un groupe à tous les deux.
Je vais faire un tour à l'arrière et ramène les gars qui me regardent curieusement.
Je suis sur un petit nuage, je ne sais pas si c'est la barre spéciale que j'ai bouffé mais ça tourne impec pour l'instant.
Je suis aux anges. Le roi du pétrole, ou plutôt de la manivelle.
Pourvu que ça dure... Avec encore du plat et du moins plat ça tourne toujours rond.
Un vrai pur sang.
Après Cheylade et Le Claux vient le difficile col de Serre.
Pas long mais 5 bornes de montée quand même.
1er km à 5,6 %, les deux suivants à 8,4 et 8,5 % et les deux derniers à 9,4 et 9,5 %.
Fini les grandes accélérations.
Petit plateau de nouveau et hardi la moulinette.
A ce rythme là je me fais décramponner vite fait.
Fini les belles gambettes que j'avais sur le plat, c'est le tâcheron qui reprend le dessus.
Notre groupe fond comme peau de chagrin.
La fin du col de Serre coïncide, après une courte descente, avec un passage par le col d'Eylac avant le début proprement dit du pas de Peyrols.
On a laissé la forêt à gauche.
Ouf, on évite réellement le versant le plus dur car je ne faisais pas le fier.
Par ici la pente est régulière et moins ardue que la précédente.
Fin du col. Je me dis qu'enfin les escalades sont finies.
Que chi oui ! Après la descente, à St Julien de Jordanne on nous fait passer par la route des crêtes et le col de la Croix de Cheules.
L'organisation a décidé de ça à la dernière minute.
Parait qu'il y aurait eu un mort en vélo quelques jours ou mois avant.
Alain est vidé et je me suis refait une (petite) santé.
Comme il voit qu'il traine un peu, il me demande de ne pas l'attendre.
C'est tombé dans l'oreille d'un sourd. Peu de temps après il réitère sa demande.
Je ne bouge toujours pas. « On n'est pas aux pièces » me dis-je.
La route des crêtes veut bien dire ce que ça veut dire.
Ca monte et ça descend tout le temps, un vrai toboggan.
C'est mézigue qui finit par caler et Alain de se refaire la cerise et de m'attendre dans le dernier col.
Les douleurs commencent à pointer leurs museaux.
Mon genou et mon cou se rappellent de plus en plus à mon bon souvenir.
Alain me dit qu'en arrivant à la bifurcation de St Simon on aura plus qu'à se laisser descendre vers le village et ensuite c'est presque du plat.
Plus que 3, 4 bornes à faire.
On rejoint la route aller du début et à fond les gamelles vers l'arrivée.
Un bout de barre magique avalée et c'est à trois que l'on déboule sur une route plus large.
Poussez vous ça va chauffer.
45, 50 à l'heure, personne ne moufte... Le troisième larron prend un relai tout à droite.
« C'est un pétard mouillé, tiendra pas le coup longtemps » me dis-je.
En effet on revient sur lui facilement et du coup il fait moins le mariole.
On maintient le rythme jusqu'à l'arrivée.
Sous la banderole on passe bras dessus bras dessous avec Alain en se remerciant mutuellement pendant que l'autre lascar nous sprinte devant le nez.
Très bonne journée, ma première cyclo de l'année ne c'est pas trop mal passée.
2205 m de dénivelé pour 2200 annoncés pout 126 kms.
Z'ont du prendre le même altimètre que moi pensais-je.
A l'arrivée un stand propose des boissons aux arrivants.
Alain me sert et me donne un grand verre de coca.
« Les boissons caféinés ne sont pas mon fort » lui dis-je. « Je vais passer la semaine les yeux grands ouverts si je bois ça ».
Il boit le verre et me fait servir de l'eau pétillante.
Il est ravi de son périple.
Je retrouve ensuite tout le monde pour un casse croûte réparateur avec saucisse, truffade, fromages du pays et dessert.
C'est pas beau la vie ça ?
Michel en compagnie d'un autre souillaguais JP Lascoux mettront 4 h 32' comme Anne Pauline première meudonnaise.
Avant de partir, en compagnie d'Olivier, j'attends pour applaudir Anne Po sur le podium.
Elle m'apprendra qu'elle va rejoindre Souillac en voiture et faire Souillac-Pau en vélo en compagnie de son homme.
Il n'a pas pu participer à la cyclo car l'organisation n'a pas voulu prendre en compte sa licence de rugbyman.
Il a pris les devants et est parti avant tout le monde.
Excellente journée dans un pays magnifique.
C'est une cyclo qui vaut le détour.
Etaient présents pour l'AS Meudon :
Anne Pauline Santer, Olivier Blais, Didier Turquois plus votre serviteur.
Pour Souillac Cyclisme (mon second club) :
Alain Beigné, Michel Joignie et JP Lascoux.