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Le forum : Levallois-Honfleur 2009

mercredi 25 novembre 2009

Levallois-Honfleur 2009

Auteur: Michel Santidrian
A Francis Camus.
5 H 45 le matin. Je me dépêche de sortir mon vélo car les copains m'attendent à 6 H devant l'église de Meudon, lieu du RV.
Bernard est déjà là, puis arrivent Gilles, Jean Luc, Patrice, Sébastien et Patrick Sorin. Le trajet suivi par Gilles, qui le fait tous les jours pour aller au boulot, ne semble pas plaire à tout le monde, on se rallonge par là disent certains...
Sur ce trajet, presque au niveau de Longchamp, une déformation de la route plus importante que les autres me fait perdre ma lumière arrière. Je fais demi-tour et tente de la chercher. Je ne la retrouverai jamais, perdue qu'elle est au milieu des feuilles mortes de cette fin d'été. Le choc l'ayant éteinte, plus moyen de la repérer. Tant pis! Snif...
Arrivés à Levallois, nous retrouvons tous les autres copains qui nous attendaient et nous recevons notre plaque de cadre, notre carton de contrôle et le parcours.
6 h 45. On démarre. Même plutôt vite. Dans Levallois, sous l'impulsion de Patrick S. et Patrice, on est déjà à 36 kms/h. Sont pressés les gars. Ca rouspète un peu derrière. On ne dirait jamais que l'on va faire plus de 200 bornes. Patrick Noguès l'avait précisé au départ : "je ne roule pas avec vous". Pas fou lui, il connait les loustics...
Christian Chopin fait bande à part et va rouler avec ses copains de boulot. Pour une fois qu'il a l'occasion de rouler avec eux!
Bernard, à son tour, sème quelque chose. Son compteur, qu'il retrouve, lui !
La sortie de la banlieue est un long serpentin de cyclos. La locomotive "Meudon cyclo" est en marche. On commence à être connu. Derrière ça rouspète toujours. Ca va trop vite. Roland et Jérôme se laissent décrocher. Tiennent pas à rentrer sur les genoux, eux! Déjà que 200 bornes ça use, si on doit les faire comme une sortie du dimanche, aïe, aïe, aïe.
Jean Luc nous houspille. Ne laissez pas de trous, ne laissez pas les autres cyclos s'intercaler ! Au labeur faut être! "Une véritable équipe pro" vous dis-je.
En traversant un carrefour, Jean Luc nous rappelle la crevaison mémorable de notre regretté Francis sur ce même tracé.Un vrai coup de canon cette crevaison! Francis se mettait toujours dans des situations rocambolesques et il lui arrivait aussi de crever plusieurs fois par jour, si si, mais c'était un camarade et un compagnon de route remarquable. Toujours devant ! Sur mon 1er Levallois-Honfleur on s'était tiré une vrai bourre jusqu'au 3ème ravitaillement. Avec Francis je n'ai que de bons souvenirs, jamais un mot plus haut que l'autre!
Une maladie contractée dans les hôpitaux, dont il était visiteur médical, nous a privés de sa présence, de sa jovialité, de son humour.
Quelques kilomètres plus loin, dans une bosse, crevaison lente de Patrice. Francis nous aurait-il fait un clin d'oeil ? Jean Luc et Bernard s'arrêtent. Les autres (Patrick S, Sébastien, Etienne, Gilles, Régis et moi) attendent en haut de la bosse sur une place de village. Pas simple de réparer un boyau. Avec Patrice c'est toujours rapide...mais ça prend du temps ! Devant nous, passent sans s'arrêter Roland, Jérôme, puis Patrick N, puis Xavier qui ont décidé de rouler à leur rythme et Denis et Denise.
Afin de préserver l'instant et pour faire passer le temps, je prends deux photos. Avec les nouveaux portables maintenant, prendre des photos est chose aisée : il suffit juste d'y penser. La qualité n'est toujours pas présente mais ça dépanne bien. Ca y est ! La réparation est effectuée car nos compagnons déboulent du virage. Le temps de remonter sur nos montures et c'est reparti.
Quelques kms plus loin on arrive en vue de Thoiry. Le ravito est comme d'habitude dans la cour du château. Après le coup de tampon habituel sur la carte de route, on se restaure comme dans n'importe quel ravito cyclo de France. Pas de quoi fouetter un chat, le minimum syndical quoi ! Je prends un chocolat chaud qui n'en a que le nom. Je parle du chocolat, pas de la température. Faudra leur apprendre à doser, car là c'était plus de l'eau chocolatée qu'autre chose. Beurk !!!
C'est reparti mon kiki.
Sur un relai je ne vois pas les autres décrocher (crevaison de Gilles), Sébastien qui me suivait ne s'en est pas rendu compte non plus. Quand je m'en aperçois, on s'arrête à un croisement et on attend. Au bout de 10 bonnes minutes je commence à frissonner et à trouver le temps long. Personne du groupe en vue sauf Denis et Denise. Je décide de repartir pour ne pas prendre trop froid. On roule très cool. Beaucoup de monde nous double mais toujours pas les copains. Au fur et à mesure, sans s'en rendre compte, la vitesse augmente, on est pris dans un gros paquet. On suit... et même on passe devant, montrer le maillot quoi !!! Trois gars nous doublent comme des fous furieux dont un avec garde boues, sacoches et tout ! Un rythme d'enfer ! Je décroche car ça va vraiment trop vite. Sébastien, à court de kms, a déjà lâché bien avant. Quatre autres gars passent genre coursiers. Je prends leurs roues. Je me fais discret au début puis assure les relais avec eux. Un des gars ne relaie plus, il ne tardera pas à lâcher. Un autre se fait distancer sur un virage serré, un de ses copains l'attend raccroche mais donne des signes de faiblesse. Heureusement le casse-croûte de Glisolles n'est pas loin, il va pouvoir récupérer un peu.
Commence la saga des Gaillet. On les verra partout dès la moindre halte!
Denis et Denise sont là et font la queue pour manger. Je prends mon plateau repas et aperçois Jérôme, Roland et Xavier. Je vais les rejoindre. Eux ont fini de manger et s'apprêtent à repartir. Je m'assois sur l'herbe et commence à manger en attendant les copains qui arrivent 5 ou 10 minutes après.
La remontée sur le vélo se fait doucement. Ayant eu plusieurs fois des problèmes de digestion lors de ce genre de repas, je ne tiens pas à redémarrer trop vite. Je traine en queue de groupe afin d'essayer de le ralentir. Partout sur les côtés on voit des cyclos le plateau repas à la main (ou ce qu'il en reste) avec leurs voitures suiveuses. Bien organisés ces gens là...
Chemin faisant nous faisons plusieurs poses, soit techniques soit physiques ou prostatiques. Denis et Denise que l'on doublait à chaque fois nous redoublent dès que nous faisons le moindre arrêt. A croire qu'ils sont toujours en embuscade, ou qu'ils roulent plus régulièrement que nous...
Patrice, toujours gaillard, tire tout le monde et finit même par se retrouver tout seul quand il appuie trop fort. Qu'est-ce qu'il a mit dans son camelback?
A l'approche du 3ème contrôle de Appeville dit Annebault, la digestion ne faisant pas des siennes, la vitesse augmente, les jambes déroulent plus vite, ça ne discute plus, c'est reparti.
L'arrêt au contrôle est long. Beaucoup de monde fait la queue et il n'y a qu'un seul stand. Personnellement n'ayant pas très faim et sortant de digestion, je ne prends que des quartiers d'oranges pour la vitamine C et quelques raisins secs.
La 4ème et dernière partie est plus sportive. Au bout c'est Honfleur et son « Grenier à sel », c'est l'arrivée, c'est la fin des souffrances pour les uns et le début pour les autres.
Gilles n'est plus avec nous. Depuis Glisolles il trainait la patte. Mauvaise alimentation ou surestimation de ses possibilités? Régis l'accompagne car lui aussi commence à trouver le temps long et n'a fait aucune préparation spécifique.
Nous repartons. Plusieurs cyclos se joignent à nous. L'allure est soutenue. Trop même car la tête du groupe se trompe à une bifurcation. Petit retour en arrière, discussion, et qui vois-je passer devant nous ? Si si, ne cherchez pas plus loin, vous avez deviné ! Ca ne vous rappelle pas une fable ça?
Patrick S. donne le La. Nous doublons et les cyclos doublés prennent les roues. Ils veulent même se mettre devant. Pas question. Jean Luc se fâche avec l'un d'entre eux, un suceur de roue. Moi itou. Je frotte un max et fais des écarts pour décourager les gars et les faire lâcher de la tête car devant Meudon Cyclo fait des relais impeccables. Dès qu'un étranger pointe son nez, c'est pour se faire emmener. On n'est pas à Longchamp ici ! Si tu bosses pas ...dégage! Et pas la peine de foutre des mines...tu te crèveras tout seul !
En queue de relai j'entends des gars râler, dire qu'ils se sont fait éjecter, qu'il n'y a pas moyen d'être devant. Notre manoeuvre a marché.
Pont Audemer est en vue. Devant ça tourne toujours aussi fort, mais les relais sont plus longs. Patrice, qui a mal au dos, et Jean Luc commencent à tirer la patte. Ils ne sont plus aussi incisifs. Ils sont restés devant la majeure partie du trajet, maintenant ils apprécient de se faire emmener. Bernard, notre routier sprinter, passe plus de temps à l'arrière qu'à l'avant. Il contrôle notre progression... Sébastien est à sec depuis longtemps, mais tiens le coup. Etienne lui est toujours aussi costaud malgré quelques brefs passages à vide.
"Captain" Patrick S. régule les efforts du groupe, nous force à monter les bosses au train, à avoir une allure cohésive pour le groupe. Il sent que sinon ça risque d'exploser. Ayant encore de bonnes jambes, je suis souvent en tête. Je bosse pour ceux qui ont plus bossés que moi au début. Le passage avant les 200 kms me donne un coup de moins bien mais une barre miracle va vite remédier à ça.
Le compteur baisse rarement en dessous des 37/38. Sur certaines parties on est même à 45/50 à l'heure! Le finish est grandiose ! On dirait une arrivée d'étape, ça roule à bloc ! Ca part à gauche, à droite, on comble les trous. Personne n'a de ticket de sortie, on n'a pas roulé depuis Levallois pour rien ! Meudon rentre sur les pavés annonçant l'arrivée, en tête du paquet.
Quelques centaines de mètres plus loin le port est là. Il y a du monde de partout. On franchit le petit pont et le Grenier à sel se présente devant nous. Ca y est ! C'est fait ! On est arrivés!
Il y a tant de monde que l'on a du mal à passer, on doit mettre pied à terre.
L'aventure est finie.
On range les vélos sur le petit parc devant et on va se faire tamponner une dernière fois la carte de route prendre un mini-sandwich et une bière bien mérités. Je regarde autour de moi si ma famille est là. Non, elle déjeune toujours à Trouville. Les cousins toulousains, un de leur fils et sa meuf sont venus pour l'occasion. Ils ne connaissaient pas les côtes normandes. Le passage au stand à l'intérieur nous donnera droit à un tee-shirt comme souvenir.
C'est content et heureux que tout le monde se retrouve à l'intérieur la bière à la main, se disant que ça y est c'est fini et que l'on a bien apprécié. Bernard, Patrice et Jean Luc eux ne pensent qu'à aller à Deauville récupérer la voiture qu'ils ont louée pour le retour. La soirée ne fait que commencer pour eux. Denis et Denise sont dans leur coin et je vais prendre de leur nouvelle, leur demander si ça c'est bien passé. C'est un peu leur rando fétiche ce 200, ils la font tous les ans.
Mon épouse et mes cousins arrivent, admiratifs du nombre de cyclos présents et de l'effort qu'il a fallut fournir.
Ce genre d'équipée est inoubliable et donne encore plus l'envie de recommencer.
Etaient présents, outre la présence émotionnelle de Francis :
Gilles Arfi
Patrick Nogues
Patrick Sorin
Jean Luc Marcot
Patrice Vareille
Bernard Mailhe
Etienne Kester
Sébastien Wagon
Roland Jourdain
Jérôme Buki
Régis Page
Christian Chopin
Denis Gaillet
Denise Gaillet
et moi-même.
Si une personne a été oubliée (car il me semble qu'il y avait 16 inscrits) qu'elle m'en excuse et m'en fasse part.

Ci-dessous le parcours :