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Le forum : Iratiko Tourra

Wednesday 13 July 2011

Iratiko Tourra

Auteur: pierre gadiou
Iratiko Tourra – 2 et 3 juillet 2011 à Mauléon (Pyrénées Atlantiques)

La troisième édition du Tour d’Iraty (Irratiko Tourra en basque) a rassemblé près de deux cents cyclistes à Mauléon dans la province basque de Soule.
Cette épreuve atypique et séduisante est organisée par le SAM (club FFC de Mauléon) et l’ESAIT, mouvement basque espagnol militant pour la présence d’équipes basques autonomes dans les compétitions internationales.

Deux étapes très montagneuses étaient proposées aux participants le samedi et le dimanche selon une formule originale de randonnée en peloton groupé et protégé par des motards, agrémentée en cours de route par deux ascensions chronométrées de cols très difficiles.
Dans les conversations du peloton comme dans les annonces du speaker, la langue basque l’emportait largement suivie par l’espagnol et le français car curieusement les français étaient minoritaires dans cette épreuve entièrement située en France

La première étape (85 kilomètres, deux cols, 1600 mètres de dénivelé) s’est déroulée sous un ciel sans nuage et par une forte chaleur. Les cinq kilomètres d’ascension du col d’Osquitch (500 m) à allure modérée permettaient de se mettre en jambe en profitant de vues magnifiques sur les vertes collines du Pays Basque.
Une rapide descente et une vingtaine de kilomètres légèrement vallonnés conduisait ensuite le peloton toujours groupé à Saint-Jean le Vieux, à proximité de la célèbre citadelle de Saint-Jean Pied de Port, au pied de plusieurs cols souletins parmi les plus pentus de France. L’ascension chronométrée de cette première étape consistait à gravir le col d’Aphanize (1066 m) par le village de Behorlegui. Cette montée de 10 km, en plein soleil sur une route sans arbre au milieu des fougères et des pâturages est redoutable avec un pourcentage moyen de 10,3% sur sept kilomètres et des passages à 17%. L’arrivée au col après une légère descente est un réel soulagement pour les jambes et le cœur et marque l’entrée sur le très pastoral plateau karstique d’Ahusquy sur lequel moutons, vaches et pottocks paissent en toute liberté avec en toile de fond la pyramide du pic d’Orhy, premier sommet de plus de 2000 mètres à l’ouest des Pyrénées en venant de l’océan. Un ravitaillement bienvenu permettait de se rafraîchir et de déguster l’excellent fromage de brebis du pays avant la descente raide et un peu chaotique à travers la forêt des Arbailles jusqu’au village d’Aussurucq et un retour sans difficulté à Mauléon.

La deuxième étape, nettement plus exigeante (150 km, cinq cols, 3500 mètres de dénivelé) s’est également déroulée sous le soleil et la chaleur contrairement aux prévisions météo qui annonçaient des orages. Après un démarrage par le col d’Osquitch identique à la veille mais à allure plus soutenue, le col de Gamia (520 m), trois kilomètres avec des passages à plus de 15% précédait l’ascension chronométrée du col de Burdincurutcheta (1135m). Cette montée de neuf kilomètres dont les quatre premiers kilomètres à plus de onze pour cent de pente moyenne reste dans la mémoire de Bernard Hinault comme l’un des plus difficiles qu’il ait gravis. Bastien Sauthier d’Argelés-Gazost, bien connu des cyclosportifs pyrénéens y réalisa le meilleur temps. Après une courte descente, tous les participants se retrouvèrent dans une ambiance très conviviale au ravitaillement situé au pied du col de Bagargui (1327 m)dont l’ascension de cinq kilomètres à travers la forêt d’Iraty n’est pas trop difficile malgré quelques passages raides. La descente vertigineuse par le versant est, rappela à certains l’étape du Tour Pau-Bayonne qui empruntait ce col dans l’autre sens et les nombreux concurrents contraints à la marche par ces terribles pentes. La côte de trois kilomètres qui mène au village de Larrau remit les muscles à rude épreuve avant une nouvelle descente vers le pont de Logibar, départ classique des excursions au canyon d’Holzarté.
Après quelques kilomètres de faux plat descendant, il fallait une volonté certaine pour ne pas rentrer directement à Mauléon par Tardets, ce que fit la moitié des participants et prendre la direction de la Pierre Saint-Martin pour affronter, sous un soleil brulant, la plus grosse difficulté du jour, le col d’Issarbe (1525 m)dont la montée de 20 km et 1200 mètres de dénivelé présente des pentes effrayantes sur sept kilomètres après le village de Sainte-Engrâce. Les quatre derniers kilomètres plus faciles permettaient d’apprécier le paysage dominé par la pyramide calcaire du pic d’Anie. Au sommet, tout le monde se regroupa pour un dernier ravitaillement avant la descente et le retour en peloton à Mauléon.

La formule originale de l’Iratiko Tourra qui allie randonnée et défi chronométré sur un parcours exigeant m’a réellement séduit et constitue d’une certaine manière un retour aux sources du cyclosport car la recherche du défi personnel, le respect de l’environnement et la convivialité l’emportent sur l’aspect purement compétitif.
Je termine 58ème des deux ascensions chronométrées en 2h07, presque le double de temps des meilleurs grimpeurs basques…
Au Pays Basque, d’autres épreuves comme l’Irati Extrem ont adopté cette formule qui me semble promise à un bel avenir compte tenu des dérives observées sur certaines cyclosportives.

Pierre Gadiou