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Le forum : Paris-Roubaix Challenge 2012

mardi 03 avril 2012

Paris-Roubaix Challenge 2012

Auteur: pierre gadiou
Paris Roubaix Challenge le 1er avril 2012

Tout amoureux du vélo rêve de rouler un jour sur les routes de Paris-Roubaix qui est avec le Tour de France l’épreuve cycliste la plus connue au monde.
L’an dernier j’avais participé à la première édition du Paris Roubaix Challenge transformée au dernier moment en randonnée sportive sans classement faute d’avoir obtenu les autorisations nécessaires. J’avais particulièrement apprécié ma découverte de l’Enfer du Nord. C’est donc sans hésitation que je me suis inscrit à la deuxième édition organisée cette fois sous forme de cyclosportive sur route totalement privatisée.
Le parcours de 150 km relie Saint-Quentin à Roubaix en empruntant 32 kilomètres de chemins pavés répartis en 19 secteurs, dont les mythiques tranchée d’Arenberg et Carrefour de l’Arbre classé 5 étoiles, niveau maximum de difficulté.
Beau temps et ciel bleu au départ mais seulement zéro degré, j’ai donc revêtu ma tenue d’hiver et fort de mon expérience 2011, j’ai protégé mes paumes de mains avec des bandes adhésives afin d’éviter les ampoules.
Les 1300 concurrents de 20 nationalités différentes dont une moitié de français, des japonais, des australiens, des américains…venus spécialement sont répartis en 5 sas de 250 démarrant à six minutes d’intervalle afin d’étirer les pelotons et de réduire les risques sur les premiers secteurs pavés. Alan Burnside, notre irlandais de l’AS Meudon, enthousiasmé comme moi par sa première participation en 2011, est à nouveau de la partie.
Quelques cadors du cyclosport comme Nicolas Roux et Karinne Saysset avec son maillot de championne du monde, qu’on a plus l’habitude de voir dans les épreuves de montagne ont également fait le déplacement.
Trente sept kilomètres relativement plats et parcourus en un peu plus d’une heure conduisent à Troisvilles et au premier secteur pavé. Dès les premières secousses, je me demande comme l’année dernière : que suis-je venu faire dans cette galère ? Je ne suis pas vraiment rassuré par le deuxième secteur de Quievy à Saint-python très délicat, coté quatre étoiles, qui débute par une descente – le pire car on ne contrôle plus grand-chose – et se termine par un faux plat montant. Neuf secteurs pavés se succédent ainsi jusqu’au soixante quinzième kilomètres et je finis par trouver mon rythme, ma priorité étant de ne prendre aucun risque. Très rapidement, il ne reste plus rien des gros pelotons du début et la plupart des concurrents se retrouvent isolés ou en petit groupe.
A l’approche du quatre vingt neuvième kilomètre, l’excitation et l’angoisse grandit avant d’aborder la célébrissime tranchée d’Arenberg dont on s’imagine la difficulté sans la mesurer vraiment avant de s’y confronter. On entre dans la forêt, d’abord en faux plat descendant. Ce ne sont pas des pavés mais plutôt des pierres, couvertes d’herbe et de mousse. Je suis secoué dans tous les sens, je reste concentré, je dois garder mon équilibre, ce serait trop bête de se faire mal ici, mais pourquoi suis-je venu… ? Je vois mon ami Pierre Bonet, journaliste à Top Vélo, au bord du chemin, cela me distrait un peu et je manque de lever le bras pour le saluer sans passer à l’acte car c’était la gamelle assurée. Maintenant ça monte un peu, j’aperçois la lumière du soleil au bout de la ligne droite, ça y est, j’y suis, ouf !!! J’ai vaincu Arenberg et je suis entier. C’est sans doute pour des moments d’émotion comme celui-là que je fais du vélo. Ayant un petit passé d’alpiniste, cela m’a rappelé toutes proportions gardées, les sensations que l’on peut éprouver dans certains passages d’escalade un peu exposés.
Après Arenberg, je me sens soulagé, toutefois cela n’est pas fini, après quelques kilomètres sans pavés mais exposés au vent, il reste à négocier le secteur de Camphin en Pévèle et surtout la Carrefour de l’Arbre, classé cinq étoiles, qui marque la fin des grosses difficultés. Je suis plus détendu car je le connais déjà mais la fatigue commence à peser et j’ai l’impression que je n’arriverai jamais à ce troquet de l’Arbre, planté au milieu des champs, qui n’ouvre qu’une fois par an à l’occasion de Paris-Roubaix. Enfin j’y suis, il ne reste plus que deux secteurs pavés sans grande difficulté avant l’arrivée sur le vélodrome de Roubaix qui me procure joie et émotion.
Dernier acte de cette journée mémorable, le passage aux douches mythiques du vélodrome que j’ai vu tant de fois à la télé. Je prends places dans l’un des petits box séparés par des cloisons de pierre, chacun porte le nom d’un ancien vainqueurs, ça fait partie de la légende. Je retrouve Alan, enchanté comme moi de sa journée, mais qui a eu la malchance de crever deux fois dans les vingt derniers kilomètres. Mais bon, l’essentiel c’est d’être entier après une journée en enfer qui restera dans nos mémoires comme une journée au paradis !!!

Pierre Gadiou

Classements AS Meudon

Pierre Gadiou 341ème en 5h31
Alan Burnside 499ème en 5h58