Fédération française de Cyclotourisme Association Sportive Meudonnaise Site FSGT Site du trophée Ufolep
Les news
Le forum
Le forum : l\'Immortelle le 9 juin 2012

samedi 16 juin 2012

l'Immortelle le 9 juin 2012

Auteur: Philippe Chopin
Etonnement, c’est le premier mot qui me vient à l’esprit, au soir de ce samedi 09 juin.

Nous venons de vivre le temps d’un week-end à Bruges (64) avec Christian, mon frère et grâce à la gentillesse de Catherine et Pierre GADIOU, une expérience inoubliable et pleine d’enseignements. Inscrite au calendrier de l’ASM, « l’Immortellle », épreuve UFOLEP sans classement ni publication de temps est dirigée par Pierre et propose au départ du piémont béarnais un circuit minimal empruntant les cols de Soulor, d’Aubisque avec un retour par la vallée du gave d’Ossau et la côte de Louvie Juzon. Rien d’exceptionnel sur ces 82 kilomètres (km) et 1773 mètres (m) de dénivelé si ce n’est la beauté des paysages sauvages menant aux renommés Soulor et Aubisque. Ce qui sortait de l’ordinaire c’est que, sur ce parcours, venait se greffer cinq ascensions optionnelles en aller-retour. Le col de Spandelles, le col du Pourtalet, le versant occidental du col d’Aubisque, le versant oriental du col de Marie Blanque et le Port de Castet portent alors la distance à 229 km et 6127 m de dénivelé……
J’avais annoncé à Christian un programme minimal de 160 km et 3900 m de dénivelé avec l’option 1 du col de Spandelles et l’option 2 du col de Pourtalet que je n’avais pas monté lors de notre séjour à Izeste en 2005.

5h45, nous sommes sur le lieu de départ, les routes ont séché durant la nuit et la météo s’annonce favorable. Elle le sera toute la journée avec des températures maximales en fond de vallée de 21°C et de 12 à 13°C au sommet. J’avais échafaudé un tableau de marche très modeste avec des ascensions à 10 km/h, des descentes à 30 km/h et 20 km/h sur le plat (…du plat il n’y en a que 20 km…) sans temps d’arrêt. Ce tableau permettait de vérifier si nous n’étions pas en retard sur les délais horaires maximaux. Je ne voulais pas partir la nuit (le premier départ se fait à 5h00) et l’horaire butoir était à 20h30.

Départ 6h00, 7°C au jour, jambières, manchettes, coupe-vent manches courtes et sous-gants de soie sont nécessaires. Après 17 km, l’option 1 du col de Spandelles propose 10 km d’ascension, et 853 m de dénivelé. Ce sera, pour cause d’épreuve cycliste professionnelle « la Route du Sud », 4.5 km et 370 m de dénivelé (élagage dans la partie supérieure). Je ne vous dirais pas que cela nous a manqué à Christian et moi car le gain, estimé par Pierre à 45 minutes, rentre dans notre escarcelle. Nous reprenons notre parcours pour l’ascension du Soulor avec 3 cyclos qui montent un léger ton en dessous de nous et nous permettent une belle économie d’efforts pour une perte de temps minime. Comme en haut de toutes les cols de la journée, nous bénéficions d’un contrôle ravitaillement tenu par des bénévoles d’une association des dons d’organes et du sang, l’ADOT 64. C’est le moment de dire, que ses derniers ont tous été d’une gentillesse, d’une dévotion, d’une convivialité exemplaires. Cette épreuve n’est pas supportée par un club cycliste ou cyclotouriste, elle l’est par des gens dévoués à la cause du don d’organes, et je crois que cela change beaucoup dans leur manière de nous recevoir. Une somme de 5 euros, prise sur l’inscription, leur était reversée.

Nous empruntons la magnifique corniche du Litor et arrivons à l’Aubisque, nouveau ravitaillement. On se couvre, car 17 km nous attendent pour rejoindre Laruns, véritable nœud central de cette épreuve. La descente est très fraîche, les boissons chaudes sont bienvenues au contrôle de Laruns. Beaucoup de cyclos sont frigorifiés, pas de jambières, pas de sous-gants, ou de gants longs. Le « light» en montagne pardonne rarement et l’énergie dépensée leur fera peut être défaut pour la suite.

A 10h05 nous entamons les 29 km d’ascension pour le col du Pourtalet. Toujours avec un rythme inférieur à nos possibilités, nous ne mettons que 2 heures pour grimper les 1274 m de dénivelé, la pente étant très roulante. Contrôle, ravitaillement, et c’est la descente de nouveau sur Laruns.

Il est 13h00, nous décidons, face à l’heure et demie d’avance sur notre tableau le plus pessimisme, de tenter l’ascension de l’Aubisque par Gourette, mais avec une moyenne de 8.5km/h, soit 2 heures pour les 17 km et 1189 m de dénivelé. Nous pouvons « perdre du temps » et nous sommes persuadés que la gestion de l’effort, sur cette option 3, reste le point le plus crucial de cette journée.

Il est en effet, 15h05, lorsque nous entamons pour la seconde fois, la descente sur Laruns. A partir de là, nous sommes « sûrs » de réussir. Le col de Marie Blanque, 11 km et 585 m de dénivelé en montant par le bucolique plateau du Bénou, n’est difficile que dans les 4 premiers kilomètres. Nous y prendrons la seule averse (10 minutes de pluie faible) humidifiant sans détremper la route. Mais il reste en fin de parcours le rude Port de Castet, 4,7 km et 453 m de dénivelé avec 3 km entre 9 et 12%. Ce sera la seule ascension où le 30x23 sera, pour moi qui monte en danseuse, nécessaire. La nourriture se raréfie au fur et à mesure de ces contrôles au passage tardif, mais la gentillesse est toujours au rendez vous. Le gendre de Pierre nous y attend pour un retour commun. Il a fait, lui-même, 4 des 5 options (évitant le versant occidental de l’Aubisque). Nous franchissons la ligne d’arrivée à 19h15 avec 218km et 5680m de dénivelé au compteur. Si on y ajoute les 45 minutes gagnées sur le col de Spandelles, l’arrivée aurait été retardée à 20h00 soit 30 minutes avant les délais maximaux.

Christian et moi sommes très étonnés de notre état de relative fraîcheur. L’explication est simple, nous avons utilisé les plages horaires de jour les plus larges, bénéficié de températures modérées, grimpé tous les cols en dessous de nos possibilités et emporté des effets nécessaires aux fraîches descentes. Mon dernier 200 km remonte à Boulogne-Châteauneuf en Thymerais, Christian lui n’en n’a pas fait cette année, et j’avais au compteur 4100 km depuis le début de l’année. Ce sont d’ailleurs ces éléments qui nous avaient laissés dubitatifs devant un tel défit. Modestes dans nos prévisions, nous sommes tous les deux sortis de cette « Immortelle » avec le sentiment que l’on peut encore s’étonner après 35 ans de vélo. Puisse ce témoignage vous rappeler que celui qui ménage sa « monture » va loin, et ……vous inciter à essayer

Philippe Chopin