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Le forum : L’Ariégeoise au Cassoulet et à la Raclette ☺

lundi 02 juillet 2012

L’Ariégeoise au Cassoulet et à la Raclette ☺

Auteur: Thierry NGO
Depuis ma dernière participation à l’Ariégeoise en 2000, je piaffais d’impatience d’y retourner mais cette fois-ci avec la montée finale du plateau de Beille, car l’Ariégeoise sans Beille, pour beaucoup, c’est pas l’Ariégeoise…
Depuis notre inscription simultanée avec Olivier et Michael, cela fait des semaines que nous échangeons sur l’événement par mails et durant nos sorties vélos ; eux ont peaufiné leur condition en Ardèche et seront fins prêts ; pour ma part, avec seulement 2300km au compteur depuis le 1er janvier, je compte seulement finir en bon état, car pour ceux qui ne connaissent pas le plateau de Beille, c’est plus dur que l’Alpe d’Huez… Et avant d’arriver au pied du plateau il y aura 145km et 6 cols à digérer…

Arrivé la veille je me charge de récupérer les dossards au village et croise Pierre Gadiou qui portera les couleurs de la patrouille Eco Cyclo. Au détour d’un stand je croise également la grosse nouveauté que LOOK va nous proposer dès le mois de septembre (exclue aussi présente à Liège pour le départ du Tour !!), un module cadre LOOK 675 qui en met plein les yeux.
Voir le lien ci-dessous et les photos que j’ai prises de la bête (potence intégrée récupérée de leur VTT fleuron de la gamme, cadre slooping, tige classique, boîtier Press Fit 86,5, compatibilité groupes électriques… A prix canon donc beaucoup plus accessible que le 695 à « seulement » 2300eur…)
http://www.nutri-cycles.com/actualite-materiel-et-cycles-look-675-l-integration-des-accessoires-du-velo-continue-3-402.html

http://ticophoto.free.fr/index.php?/category/224

Le soir nous logeons chez mon beau-frère qui possède un chalet à Ascou au-dessus d’Ax-les-Thermes à 30km du départ ainsi qu’avec un ami allemand triathlète venu préparer son half ironman.
Olivier commande au resto un cassoulet ( !) pendant que Michael et votre serviteur prenons des pâtes un peu grasses le tout arrosé de bière puis dodo, il est déjà 0h30 du matin…
La nuit sera courte car nous envisageons de partir d’Ascou en vélo histoire de s’échauffer.
Sur la ligne nous retrouvons Michel Santidrian et j’en profite pour aller saluer Pierre dans le sas prioritaire.

http://ticophoto.free.fr/index.php?/category/223

Sur les 4000 inscrits, seulement un millier feront le grand parcours, c’est dire si le final fait peur.
La météo couverte, Michael n’en finit pas de me charrier moi qui lui ai promis du soleil la veille. Le départ est beaucoup moins rapide et moins nerveux que pour des cyclo plates comme la Blé d’Or ou la Pierre Jodet ; nous roulons à 35-40 à l’heure même si les 30 bornes d’échauffement ne sont pas étrangères à mes bonnes sensations.
Le premier col va par contre calmer toute cette première vague de cyclos car l’étroitesse de la route entraîne des bouchons et l’on monte roue dans roue sous une bruine fine ; un cyclo qui manque de se ramasser s’appuie même sur mon épaule comme lors des sprints houleux façon Cavendish. Olivier et Michael quant à eux ont décidé de mettre la vitesse supérieure et en levant la tête j’aperçois Olivier sur le lacet au-dessus en train de ferrailler en danseuse, ça plaisante plus.
Il fait à présent très humide et l’on ne voit pas à 10 mètres tellement le brouillard est épais.
La chaussée est devenue glissante et ce premier col (de la Lauze) même s’il n’est pas dur met de suite les cuisses à température.
Je reste au contact de Michel dans ce col avant d’aborder le col de Montségur, célèbre pour son château (qu’on ne verra pas aujourd’hui…) et ses batailles cathares. Les pourcentages sont beaucoup plus importants et ô surprise je récupère mon ami triathlète ; on est bon pour faire un bout de chemin à 3 dans un peloton d’une 10aine de cyclos.
Les cols suivants sont plus insignifiants mais au bout de 100km (130 en fait depuis le chalet) je commence à être dans le dur.
Entre temps mon ami triathlète est parti sur une portion plane et nous abordons avec Michel l’ultime col avant le plateau de Beille appelé col du pas de Saloumbrie, une belle cochonnerie où je suis obligé de mettre tout à gauche (36*27) et suis planté dès le bas… La veille on avait halluciné sur les pourcentages indiqués, des portions à 11% sur 1km notamment.
Je descends inquiet la route des crêtes car il reste à se taper la « master piece », alias le plateau de Beille ; le soleil pointe enfin son nez ; mon pôte triathlète la veille m’a conseillé si cela va pas de m’arrêter 15-20 minutes au ravito pour refaire du jus.
Des tas de cyclos (plusieurs centaines au final) décident d’abandonner avant même les premières rampes.

Je laisse donc partir Michel et après avoir fait pleurer le borgne me lance dans la bataille ; surprise, j’ai de bonnes jambes malgré un passage à vide qui a duré 45km.
Je pense même que je n’ai jamais grimpé aussi vite le plateau (mais je ne saurais pas le temps que j’ai mis, mon GPS à cours d’accu s’est éteint…)
Je remonte des cyclos à l’agonie (un espagnol avec un maillot Iron Maiden est planté, apparemment il a du abuser de bière cet hiver car il traîne un sacré bidon…), à pied ou assis dans l’herbe ; les 11 premiers km sont terribles avec quasi aucun moment de répit (mais l’ayant grimpé 3 fois déjà à l’entraînement, je gère mon effort tout en encourageant les cyclos que je dépasse; km 11, Pierre m’encourage lui qui en a fini et redescend, c’est pas cette fois qu’on prendra une bière ensemble.
Je reviens ensuite sur Michel et nous décidons de finir ensemble ; là-haut le vent souffle et le ciel est bas mais nous sommes heureux d’en finir, loin de Michael et Olivier (1h30 après !) même si Olivier a craqué et a du marcher au côté de sa machine, Beille ne pardonne pas, ou alors c’est l’effet cassoulet qui n’a pas été optimal ☺

Un plateau-repas et une bière plus loin, on est tout heureux que tout se soit bien passé ; pas de crampes pour ma part mais je renonce à les accompagner pour rentrer ; on a dépassé les 200km et eux vont en rajouter 20 pour rejoindre le chalet avec une bonne raclette qui nous attend, le seul moment où je les dépasserai finalement, c’est au classement du plus gros mangeur de raclette ☺
Cerise sur la gâteau, je croise un second ami triathlète venu de Paris qui a fini sur les baskets de Michael alors qu’il a craqué dans Beille et l’a monté en 2h, je suis impressionné (a-t-il pris aussi un cassoulet la veille ? ☺

Au final une bien belle épreuve même si je suis toujours autant choqué par la quantité de détritus déversés par les cyclos ; « dis Pierre, comment vois-tu l’avenir des cyclosportives quand aussi peu de participants se sentent concernés par le respect des routes et des consignes annoncées au départ… ? »

A bientôt sur le vélo, Thierry.