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Le forum : Une cure de Ventoux à doses progressives

jeudi 29 août 2013

Une cure de Ventoux à doses progressives

Auteur: michael albrecht
Depuis ma chute sur le coude gauche lors du REV 2012, je ne me sentais plus à l’aise dans les bosses et je les fuyais carrément depuis mon nouvel accident en mars dernier au point d’annuler tous mes objectifs de l’année.
Le hasard a voulu que nous allions passer nos vacances d’abord dans les Cévennes et ensuite au pied du mont Ventoux (je n’allais quand même pas empêcher ma femme de réserver le gîte qu’elle avait trouvé à Malaucène). Il était donc grand temps de me réconcilier avec la montagne.
Les Cévennes avec leurs pentes pas trop dures (entre 4% et 8% la plupart du temps) m’ont permis de me rendre compte que j’étais plutôt bien et j’ai même fini par faire une grosse sortie jusqu’au mont Aigoual (sommet à 1565 m) en passant par les gorges du Tapoul. En dehors d'un troupeau de 800 moutons qui me barrait le chemin, je n'y ai rencontré aucun obstacle. Le berger très sympa m’expliquait qu’il allait faire beau là-haut (c’était du moins ce que j’ai cru comprendre). Par la suite, j’ai pu constater que cet endroit était très apprécié par les cyclos locaux pour la sortie du dimanche matin (les 17 tournants du coin pour ainsi dire).
Après cette mise en jambe cévenole, ma première sortie au départ de Malaucène était la boucle Malaucène – Bédoin – Ventoux – Malaucène. Ainsi, je disposais d’une douzaine de kilomètres pour me mettre en jambes avant d’attaquer l’ascension du mont Ventoux par Bédoin. Parti un peu avant 8 heures sous un grand soleil, cette première sortie s’est très bien passée. J’étais loin d’être seul dans les pentes du Ventoux. Lorsque je suis revenu au gîte, j’avais 56 km et 1750 m de dénivelé au compteur. Les enfants venaient tout juste de se lever.
Le lendemain, j’ai fait cette même boucle toujours sous un grand soleil au départ, mais cette fois-ci, je l’ai faite deux fois de suite. La première ascension a plutôt été facile (je m’entends) comme la précédente de la veille. La deuxième a été un peu moins tonique, mais sans difficulté majeure en dehors du gros nuage gris qui se pointait et une averse du km 13 jusqu’au sommet. En revanche, j’ai pu effectuer la descente vers Malaucène sur route sèche. De retour au gîte, le compteur affichait 112 km et 3500 m de dénivelé. Pas mal.
Après deux journées en famille, l’objectif de la sortie suivante était de parcourir « ma boucle » trois fois d’affilée. Je suis parti vers 7 heures toujours sous un grand soleil et déjà 22°C. Après la mise en jambe habituelle jusqu’à Bédoin en passant par le petit col de La Madeleine, j’ai attaqué la première montée. Aucun problème jusqu’à St Éstève, les jambes répondaient et lorsque je me suis lancé dans les premières pentes à 10%, je voyais que j’avais bien digéré ma double boucle d’il y a deux jours. Arrivé au sommet (avec des dizaines d’autres cyclos comme d’habitude), il ne faisait plus que 14°C et le vent soufflait pas mal. La première descente a été un peu frisquette. Tant pis. De retour à Malaucène, j’ai attaqué le deuxième round en me disant que j’allais voir maintenant si j’avais vraiment bien récupéré. Le thermomètre avait grimpé à 27°C entre temps, le soleil était toujours au rendez-vous. Sorti de St Éstève, j’étais dans ma petite bulle en pédalant à mon rythme. Vers le km 10, ma bulle a soudainement éclaté lorsqu’une fille en robe d’été (très jolie d’ailleurs, du coup, je n’ai pas vraiment vu son vélo) m’a doublé en me laissant littéralement sur place. Vu sa fréquence de pédalage, elle devait monter avec un braquet d’enfer. Je commençais à me poser des questions et c’était au virage suivant que j’ai vu qu‘elle était sur un E-bike (là, j’ai quand même regardé le vélo et pas la fille). Pourvu que l’accu fût bien chargé. Ouf. J’ai donc poursuivi tranquillement ma deuxième ascension jusqu’au sommet. La deuxième descente a été beaucoup plus agréable.
De retour à Malaucène, le thermomètre affichait désormais 32°C. J’ai rempli mes gourdes et c’était parti pour la troisième boucle. Le col de La Madeleine me faisait un peu mal cette fois-ci. Les premiers kilomètres jusqu’à St Éstève se sont ensuite mieux passés que je ne pensais. Par contre, avec la forte chaleur, on ne voyait presque plus de cyclistes. C’était désormais les voitures qui s’imposaient nettement dans les pentes. Pendant toute la montée, je ne voyais qu’une poignée de cyclistes. Dès la sortie de St Éstève, je commençais à gérer. Les 3 ou 4 derniers kilomètres jusqu’au chalet Reynard étaient un peu durs. Je buvais beaucoup et le braquet n’était plus le même que le matin. Arrivé au chalet, je profitais des quelques dizaines de mètres « plats » pour me dégourdir les jambes. Pendant les 15 kilomètres d’ascension, je ne pensais qu’au moment d’arriver au chalet pour la troisième fois. Le moral regonflé, j’ai remis mon braquet du matin pour les 6 derniers kilomètres. J’aurais pu me passer du vent (souvent de face), mais en même temps il était rafraîchissant, car même au sommet, le thermomètre affichait encore 28°C. Il ne me restait plus aucune goutte d’eau. Lors de mon troisième passage au sommet, je me suis arrêté pendant quelques minutes afin d’admirer le paysage splendide avec un ciel bleu sans le moindre bout de nuage. La troisième et dernière descente a été un peu compliquée à cause des nombreuses voitures dans les deux sens. J’ai fini par arriver à Malaucène sans problème et j’ai parcouru les deux derniers kilomètres me séparant du gîte. À l’arrivée, le compteur affichait 168 km et 5250 m de dénivelé. J’en ai conclu que je n’étais plus fâché avec les bosses. J’ai juste eu le temps de boire un verre d’eau (même pas de bière) et de mettre mon maillot de bain avant de me faire enrôler par les enfants pour une petite compète familiale de natation lors de laquelle j’ai été sévèrement battu par tout le monde.
Michael