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Le forum : Bordeaux Paris 2014

mardi 10 juin 2014

Bordeaux Paris 2014

Auteur: pierre gadiou
La renaissance d’un monument du cyclisme

Bien que disparue du calendrier cycliste professionnel depuis 1988 et du calendrier cyclosportif depuis 2010, Bordeaux-Paris, « le derby de la route », reste un grand monument du cyclisme. Pour la renaissance de l’épreuve organisée cette année par Extra Sports et Golazo, près de 1000 cyclistes dont 520 en formule ultra-raid (moins de 32 heures) ont osé relever le défi, parmi lesquels seulement trois meudonnais : Michael Albrecht, Pascal Vanhoute et moi-même. En effet, en novembre 2013, j’avais envoyé un mail à tous les membres de l’AS Meudon Cyclisme pour les inviter à participer à ce Bordeaux Paris et nous n’avons malheureusement été que trois à nous lancer dans cette aventure pourtant soutenue par le club et à la portée de beaucoup.

Notre président, Jean-Jacques Kerdraon et Patrick Pourtier ont assuré le support logistique à notre défi en nous attendant à chacun des sept ravitaillements - pour nous fournir sandwiches, boissons, compotes … , nous encourager, nous réconforter dans une ambiance conviviale et solidaire que nous n’oublierons pas. Je les en remercie sincèrement.
Le parcours de 620 km et plus de 4000 mètres de dénivelé empruntait majoritairement des petites routes peu fréquentées et permettait d’admirer la beauté et la variété de la France rurale. S’il fallait décerner un prix du plus beau village traversé, nul doute qu’Angles sur l’Anglin dans la Vienne avec ses falaises et ses rues de style médiéval figurerait dans le peloton de tête.
Malgré un vent globalement défavorable, nous avons bénéficié de très bonnes conditions météo avec du soleil et des températures agréables.
Durant les trois premières étapes, jusqu’au contrôle de L’Isle Jourdain km 229, nous avons roulé chacun à notre rythme ce qui était préférable compte tenu du profil très vallonné et nous nous sommes retrouvés aux ravitaillements. Ensuite, comme nous en étions convenus au départ, nous avons roulé ensemble.
A Martizay (km 311), nous avons fait une longue pause pour nous restaurer et nous équiper pour la nuit avant de repartir avec un petit groupe dans lequel Michael et moi assurions pratiquement tous les relais.
Tout d’un coup, vers le km 350 nous nous sommes aperçu que Pascal n’était plus avec nous. Hors de question de le laisser seul dans la nuit, nous l’avons donc attendu au bord de la route avec les autres cyclos du groupe qui ne voulaient pas se retrouver seuls. Après quelques minutes, nous avons aperçu une lueur sur la route, Pascal ! Nous sommes repartis en nous assurant régulièrement que tout le monde suivait.
Pascal commença alors à montrer des signes de fatigue avec des difficultés à respirer en raison d’un asthme d’effort découvert quelques jours avant le départ et de problèmes gastriques empirant au fil des kilomètres. Vers le km 380, des nausées l’obligèrent à s’arrêter quelques minutes et c’est au courage qu’il parvint à rejoindre épuisé le contrôle de Romorantin (km 404). Patrick et Jean-Jacques lui firent comprendre qu’il était préférable qu’il abandonne pour ne pas prendre de risques avec sa santé. Nous étions tristes pour Pascal qui s’est entraîné depuis le début de l’année avec Bordeaux Paris comme objectif mais il n’aurait pas été raisonnable qu’il continue et il y aura d’autres Bordeaux Paris …
Après un bol de soupe et quelques sandwiches, Michael et moi sommes repartis seuls pour attaquer la traversée de la Beauce, totalement plate mais très exposée au vent alors que les premières lueurs du jour apparaissaient dans une atmosphère très fraîche. Tout d’un coup, je me suis senti envahi par une forte envie de dormir très désagréable sur le vélo. Heureusement, cela ne dura que quelques minutes et nous fumes bientôt rattrapés par un groupe d’une vingtaine de cyclistes bretons que nous avons suivi et dont l’allure soutenue eut pour effet de me réveiller ! Nous avons atteint le contrôle de Saint-Laurent des Bois (km 472) avec ce groupe sous le soleil. Cependant, la traversée de la Beauce était encore loin d’être finie. Repartis seuls, nous avons été à nouveau rejoint par le groupe des bretons que nous avons suivis dans les roues jusqu’au contrôle d’Auneau (km 563) situé au sommet d’une belle bosse marquant la fin de cette interminable traversée de la Beauce.
Sur les cinquante derniers kilomètres, Michael et moi avons retrouvé notre terrain de jeu habituel à travers les superbes paysages de la forêt de Rambouillet et la vallée de Chevreuse sur un parcours sécurisé par l’équipe d’Eric Ramos - le spécialiste de l’organisation des cyclosportives en Ile de France.
Surprise ! Jean-Jacques, Patrick et Pascal étaient assis au bord de la route pour nous voir passer dans la côte de Clairefontaine que nous avons grimpé à très bonne allure ainsi que la côte des Bordes dans laquelle nous avons doublé cinq concurrents.
L’ascension de la célèbre côte des Dix-sept Tournants avec 610 km dans les jambes restera un souvenir inoubliable et nous avons été surpris de la grimper à peine moins vite que lors de nos sorties dominicales. Avant le Mesnil Saint-Denis, nous avons rejoint un concurrent qui en avait visiblement encore sous la pédale et qui piqué au vif nous a entraîné à plus de quarante à l’heure vers l’arrivée au vélodrome de Saint-Quentin en Yvelines où j’ai eu le plaisir d’être accueilli par mon amie Isabelle d’Eco Cyclo qui fait partie de l’équipe d’organisation. J’ai également eu la joie de retrouver Jean-François Calandri, mon compagnon de route de Liège Bastogne Liège, venu à l’arrivée pour nous saluer avant son départ pour Milan - San Remo
L’organisation de ce Bordeaux Paris a été globalement excellente avec une mention particulière pour le fléchage qui était parfait et quelques insuffisances au niveau des ravitaillements sur lesquelles l’organisation s’est excusée et s’est engagée à améliorer les choses pour Bordeaux Paris 2015. Il est à noter que certains concurrents, à l’encontre du règlement, ont bénéficié de l’éclairage de voitures suiveuses ce qui est regrettable
Marc Lagrange fut le premier à passer la ligne d'arrivée en 19h52 soit une moyenne de 31,09 km/h.
Michael et moi avons terminé 342ème et 343ème en 28h52 à 21,4 km/h de moyenne.
Jusqu’à ce Bordeaux Paris, ma plus longue distance sur un vélo était de 312 km à l’occasion de la Mallorca 312 l'année dernière.
Depuis le début de l’année j’avais 5600 km d’entraînement et ma plus longue distance était 285 km sur Liège Bastogne Liège
Je suis étonné d’avoir finalement parcouru ces 618 km sans trop de difficulté et je suis certain que plusieurs autres membres du club auraient pu participer à cette belle aventure collective. Peut-être en 2015 ?

Pierre