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Le forum : La Marcel Queheille

lundi 18 août 2014

La Marcel Queheille

Auteur: pierre gadiou
La Marcel Queheille : le 12 juillet à Mauléon-Licharre (64)
Marcel Queheille est un ancien coureur professionnel basque originaire de Mauléon, vainqueur d’une étape du Tour de France en 1960. Surnommé le diable rouge, c’était un fort grimpeur capable de rivaliser avec des champions comme Charly Gaul. Les responsables du club de Mauléon ont tout naturellement donné son nom à la cyclosportive qu’ils ont créé cette année.
Mauléon est la capitale de l’espadrille et les organisateurs ont eu la bonne idée d’en offrir une paire à chaque participant.
Deux parcours très montagneux étaient proposés : 104 km et 2800 mètres de dénivelé avec quatre cols (Osquitch, Gamia, Burdincurutcheta, Bargargui) ou 146 km avec en supplément le terrible col du Soudet par Sainte-Engrâce soit 4100 m de dénivelé.
Après plusieurs épreuves sous les couleurs d’Eco Cyclo, j’avais revêtu le maillot de Meudon, que les locaux commencent à connaître, ce qui me vaut d’ailleurs le surnom de Béarnais de Meudon dans certaines revues cyclo …
La météo étant incertaine, j’ai choisi le parcours de 104 km comme 90 autres concurrents alors que seulement 40 concurrents ont effectué le grand parcours. Il est vrai que la difficulté du grand parcours incitait à la prudence car c’est sans doute le plus exigeant du calendrier cyclosportif français en raison de la raideur des pentes.
Dès le départ, l’ascension du col d’Osquitch sur une route sèche permettait de se mettre en jambes sur des pourcentages raisonnables dans un paysage verdoyant typiquement basque. Hors de question pour moi d’essayer de suivre le rythme imposé par les premiers, je me suis donc rapidement retrouvé dans un groupe d’une dizaine de concurrents de mon niveau. Après une descente très rapide, une dizaine de kilomètres de faux plats nous conduisaient au pied du col de Gamia dont la montée ne fait que six kilomètres mais dont les trois premiers kilomètres oscillent entre dix et dix-huit pour cent, une bonne occasion pour moi de tester ma nouvelle roue libre 11x32. Cette roue libre 11x32 à onze pignons est une excellente alternative au triple plateau pour gravir des cols à fort pourcentage et je la recommande à tous les amateurs de cols à fort pourcentage.
Après une descente assez technique dans un paysage superbe sur une route toujours sèche, je me suis à nouveau retrouvé dans un petit groupe pour parcourir la dizaine de kilomètres en faux-plat montant jusqu’au pied du col de Burdincurutchéta, redoutable montée de 10 km à 9% de moyenne que Bernard Hinault considérait comme l’une des plus dures de France après l’avoir gravi durant le Tour 1986. Les premiers kilomètres avec de passages à 16% sont effectivement très difficiles. Une légère bruine qui s’accentuait en montant commença à nous arroser. Cela ne m’a pas dérangé car je suis beaucoup plus à l’aise pour grimper dans ces conditions que par forte chaleur. Aidé par mon petit développement de 34x32, je parvins même à distancer dans cette montée la plupart des concurrents qui avaient débuté l’ascension avec moi et qui piochaient la route avec de trop gros développements. Arrivé au sommet dans un épais brouillard, j’ai pris le temps de m’arrêter au ravito avant d’attaquer, après seulement trois kilomètres de descente, la montée de six kilomètres vers le col de Bagargui par son versant le plus facile qui ne me posa pas de problème. En revanche, la descente de neuf kilomètres sur une route mouillée dans des pentes très fortes et avec une visibilité réduite était très délicate. J’ai privilégié la prudence quitte à me faire doubler par quelques concurrents intrépides La côte de trois kilomètres qui nous amenait ensuite dans le joli village de Larrau me sembla assez pénible avec mes jambes engourdies par la pluie. C’était la dernière difficulté avant de plonger vers le pont de Laugibar sur une route à nouveau très raide pour rejoindre la vallée du gave de Larrau où la route était sèche. Afin de ne pas m’épuiser dans le vent, j’ai attendu que quelques concurrents me rejoignent et nous avons terminé ensemble à très vive allure en nous relayant régulièrement. Je me classe 43ème en 4h30 Malgré une météo un peu capricieuse, j’ai apprécié ce joli parcours dans les montagnes basques ainsi que l’ambiance lors du repas à base de produits basques au cours duquel j’ai eu l’occasion de discuter avec Marcel Queheille toujours prêt à raconter des anecdotes sur ses courses avec Anquetil, Poulidor, Gaul …
Je reviendrai sans doute en 2015 sur cette sympathique épreuve que je recommande à ceux qui veulent découvrir les cols basques.

Pierre