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Le forum : Ma Pierre Jacques en Baretous 2015

mercredi 19 août 2015

Ma Pierre Jacques en Baretous 2015

Auteur: laurent guilmeau
C’etait la 6 ème et avant dernière épreuve du Trophée National Ufolep : 148km et D+3700 avec des gros pourcentages dans 2 des 3 ascensions que sont La Pierre StMartin (par La Mouline) et le col du Soudet (par St Engrace). Et entre les 2, le port de Larrau.

Tout ma saison s’est organisée avec cette épreuve en point de mire compte tenu de sa difficulté mais aussi parce que je compte sur un bon résultat ici pour scorer au Trophée. Un coefficient 1.2 est attribué aux épreuves les plus dures.

Seul regret, je n’ai pas eu le temps de m’équiper en terme de braquets : je suis en 34x28, mais dans les forts pourcentages je monte à moins de 60tr/min ce qui entame sérieusement l'endurance musculaire. J’aurais préféré un 34x32 pour gagner 10tr/min.

La patrouille écolo-cyclo est au départ, représentée entre autres par Pierre Gadiou.

Départ à 8h30, pour une dizaine de kilomètre avant d’attaquer la Pierre St Martin.

Connaissant ce col qui était déjà au programme de la Bearn Cycl’espoir (jusqu'au Soudet pour les connaisseurs), je pars en douceur et me laisse glisser en fond de peloton, inutile de griller des cartouches au départ sur ce genre de course pour moi, tout le monde sera à sa place à l’arrivée en fonction de son niveau et de sa gestion de course. Donc je gère, et avec mon capteur de puissance, je sais exactement à quelle allure je dois grimper. D’ailleurs c’est toujours le même scénario au pied des grands cols : la plupart des coureur part bien trop vite avant de revenir à la bonne allure par la force des choses.

Mon ascension se passe bien et je ne me laisse pas embarqué dans le rythme des autres. Au sommet (1800m), la météo a changé : purée de pois et 6°c. Je m’arrête pour enfiler un coupe vent, et j’entame la descente. La route est mauvaise, on ne voit rien, je suis frigorifié …. J’ai horreur de ces conditions. Je me fais dépasser mais hors de question de prendre des risques. Au fur et à mesure de la descente en Espagne, on regagne les degrés perdus, et j’accroche un groupe tant bien que mal car je claque des dents et de tout mon corps.
Je me refait une santé dans la plaine avec le soleil avant d’attaquer le port de Larrau.

J’avais décidé de le monter un poil plus fort compte tenu des pourcentages moins importants qui permettent un passage plus en vélocité. Je sais que j’ai la caisse pour monter en fréquence cardiaque, alors que je crains les montées en force et les risques de crampe. Je rattrape des concurrents, ce qui est particulièrement motivant, et je prends un groupe qui me plait juste avant de basculer au sommet. Là encore, arrêt coupe-vent et purée de pois, mais j’ai moins froid car la descente dangereuse ne se fait pas trop vite. Je garde un petit groupe pour la « plaine » avant la bifurcation des 2 parcours.

Là je me retrouve seul sur le grand parcours au pied de la dernière ascension. Je m’arrête au dernier ravito en liquide. Un gars me passe dans les premières pentes, je ne fais pas l’effort de l’accrocher, je sais qu’il reste plus d’1 heure d’ascension.

Et voilà qu’on attaque les fortes pentes … ça pique très fort. Je zizgzague sur la chaussée dans les plus forts pourcentages, et je rattrape 2 concurrents devant moi dont un est pris de crampes. Ils font demi-tour pour reprendre le petit parcours. Nous ne seront que 130 à l'arrivée sur le grand parcours, la selection est forte.

Je m’accroche, mais je sens que les cuisses répondent sans la moindre alerte de crampe. Je me mets régulièrement en danseuse quelques instants non pas pour relancer mais pour soulager les muscles du « pédalage assis ». Il faut le faire dès le début, ne pas attendre que ça commence à être difficile. Pour moi, ça marche. Je commence même à rattraper du monde à nouveau. Je reprendrais une douzaine de places dans cette dernière ascension, et en premier lieu celui que j’avais laissé filer au pied du col. C’est motivant quand ça se passe comme ça ! Enfin arrive le sommet, re coupe-vent et j’attaque la descente. Because Tour de France et étape du 14 juillet dernier, la route est flambant neuve. Un régal. Lorsque je me sens en sécurité, je sais descendre très vite, et là je prends mon pied. Faut juste faire attention aux vaches qui peuvent traverser ! Je reprends un dernier concurrent dans la descente avec qui je finis la course en 6h22 à 22,6km/h de moyenne. Les 2 premiers objectifs du jour sont atteints : terminer et bien gérer. En passant la ligne, je n’ai absolument aucune idée de mon classement, j’attends donc avec impatience l’affichage. Et pour la première fois de ma petite carrière, je suis sur la 1 ère feuille. 62ème sur les 130 arrivants, je fais 10eme de ma catégorie E : 3eme objectif atteint, ça fait des gros point.

Au Trophée, mon objectif initial du top 5 de la catégorie E devrait donc se réaliser sauf accident lors de la prochaine épreuve pour laquelle je travaille déjà spécifiquement, l’Ecureuil le 7 septembre.

Pour finir, j'ai trouvé l'épreuve et la région magnifiques, j'ai déjà envie d'y revenir !