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Le forum : Nordpfalz - Radmarathon

vendredi 12 juin 2009

Nordpfalz - Radmarathon

Auteur: Michael Albrecht
Nordpfalz - Radmarathon, le samedi 30 mai 2009

J'avais repéré cette épreuve l'année dernière lors de mes recherches d'une épreuve à longue distance. Le Nordpfalz - Radmarathon fait partie du trophée national RTF de la fédération allemande de cyclisme (BDR). Il est réputé pour son relief et apprécié pour ses parcours bien isolés de la circulation contrairement à mes expériences antérieures en Allemagne. Le lieu de départ et d'arrivée se trouve à Rockenhausen dans le Palatinat du nord à 5 heures de voiture de Meudon. Traditionnellement le Nordpfalz - Radmarathon a lieu le samedi de Pentecôte.
Le club organisateur propose les 6 parcours suivants :
parcours 1: 40km et 405m
parcours 2: 71km et 555m
parcours 3: 111km et 1600m
parcours 4: 151km et 2150m
parcours 5: 238km et 3600m
parcours 6: 303km et 4400m
L'altitude au départ est de 200m.
Deux Meudonnais m'ont accompagné, Gilles Arfi et Michel Santidrian.

Nous arrivons à Rockenhausen sous un beau soleil la veille en fin d'après-midi. Lors d'un tour de repérage au lieu de départ nous faisons connaissance avec plusieurs membres du club organisateur. Ils sont surpris de voir débarquer des français et nous donnent quelques indications pour le lendemain. Avant de repartir à l'hôtel, nous nous mettons aux coutumes allemandes et faisons un petit saut par la buvette du coin. Notre tournée est offerte par la maison. Ensuite c'est les courses et puis beaucoup de pâtes accompagnées d'une sauce à la Michel.

Le lendemain matin, le réveil sonne à 5 heures. A 6 heures je suis sur mon vélo décidé de m'attaquer au grand parcours. Gilles et Michel ont choisi le parcours de 151km et vont d'abord prendre le petit déjeuner.

En partant je trouve qu'il fait plutôt frais. La température affichée sur mon compteur n'arrête pas de descendre. Finalement elle s'arrête à 3°C. Arrivé au départ, je récupère mon dossard et me joins à un groupe d'une douzaine de coureurs qui avaient l'air de connaître le parcours. Mon premier objectif est d'arriver au contrôle du km 100 avant 12h30, heure limite pour entrer dans la boucle du « Marathon Extrem ». Dès les premiers kilomètres ça ne fait que monter et descendre. Sur les 100 premiers km les pentes sont entre 4% et 10%, la plus longue faisant environ 5km. Trouvant que le train n'était pas très élevé, je commence à interroger mes compagnons de route vers le km 40. J'apprends alors qu'ils étaient tous partis pour le parcours de 238km et surtout qu'il fallait se présenter au contrôle du km 140 avant 12h30 et non à celui du km 100. Je profite d'une côte pour sortir du groupe et accélérer car avec les 40km de plus, mon avance s'était transformée en un léger retard. Entretemps la température a grimpé. Il fait 10°C et on peut même apercevoir un petit rayon de soleil. Vers le km60 je rattrape un coureur isolé qui se met à rouler à mon rythme et nous faisons équipe jusqu'au contrôle n°2. Juste avant ce contrôle nous arrivons sur un plateau à environ 400m d'altitude et je constate qu'il est tout à fait justifié d'installer autant d'Eoliennes dans cette région. Au contrôle, je prend mon cachet en vitesse, un petit ravitaillement et je reprends la route seul. Ca continue toujours à monter et descendre et je maintien mon train soutenu jusqu'au contrôle n°3 où j'arrive avec un peu d'avance par rapport à l'heure limite. Je prends quelques renseignements sur le tronçon de 40km me séparant de la boucle du marathon et je repars.
Après 140km et environ 2000m de dénivelé, j'arrive finalement au contrôle n°4 avec une vingtaine de minutes d'avance et en me demandant si je ne m'étais pas trop dépensé. Tant pis. Maintenant j'y suis et je ne me pose plus de questions. J'y retrouve deux membres du club organisateur que nous avions déjà rencontrés la veille. Ils m'expliquent que la boucle « Extrem » est la partie la plus dure du marathon. Ils avaient raison. En quittant le contrôle n°4 je fais équipe avec deux allemands. L'un des deux est de la région et connaît bien les routes du coin, l'autre est un habitué des marathons. La boucle « Extrem » commence par une jolie descente à 70 km/h où nous passons de 450m d'altitude à environ 200m d'altitude. Ensuite ça remonte à environ 350m avant de descendre à 100m d'altitude. Et là, changement de décor. Nous nous retrouvons au bord de la Moselle que nous longeons pendant quelques km. Des deux cotés de la Moselle ça monte de manière impressionnante. Entretemps le thermomètre affiche 27°C et le soleil tape très fort. Nous arrivons au contrôle n°5 qui se trouve sur une aire de repos au bord de la Moselle. Les deux types du club nous recommandent vivement de bien nous ravitailler et de repartir avec suffisamment de liquide car nous allons affronter les deux difficultés majeures de la journée. Pendant 3 ou 4 km nous suivons toujours le cours de la Moselle. Lorsque nous quittons cette route nous nous retrouvons devant un mûr. Une côte d'environ 2,5km de long avec un grand passage à plus de 15% (18% d'après le profile officiel, 15% d'après mon compteur). Nous remontons donc de 100m d'altitude à 450m d'altitude. Arrivés en haut, il manque encore 200m de dénivelé jusqu'au sommet qui se trouve à 650m. Mais avant de poursuivre notre ascension nous redescendons à 250m d'altitude en faisant une autre descente superbe. Arrivés en bas, nous nous trouvons face à un autre mûr. Celui-ci est encore plus impressionnant que le précédant et avec un passage à 15% encore plus long. A ce moment, nous avons parcouru 180km et je suis bien content de mon triple plateau en vue de cette côte et des 130km restants à parcourir. Arrivés au sommet nous basculons immédiatement et redescendons à 450m d'altitude. Après 200km nous arrivons au contrôle n°6 où deux autres coureurs se joignent à nous pour attaquer le dernier tiers de parcours. L'un d'eux est également un habitué des longues distances et concourt pour le trophée national. Avec les deux côtes que nous venons de franchir et le soleil de plus en plus fort, j'ai bu 2 ½ bidons entre les deux derniers contrôles qui étaient espacés de 30km seulement.

Nous attaquons donc le dernier tiers du parcours à cinq. C'est indéniablement la portion la plus jolie. Nous traversons beaucoup de petits villages qui sont certes plus rapprochés qu'à la campagne française mais ils ont beaucoup de charme. Dans certains d'entre eux j'ai l'impression que sommes l'attraction du jour tellement ça a l'air endormi. Je découvre un coté de l'Allemagne que je ne connaissais pas très bien. Vers le km 250 je ne sens plus l'effort. J'ai juste envie de rouler, de savourer le paysage et d'atteindre 300 bornes. Nous sommes un groupe homogène et nous nous relayons de manière régulière. Vers le km 280 nous constatons que nous venons de parcourir le dénivelé officiellement annoncé (avec 50m de différence entre les compteurs barométriques et ceux guidés par GPS).

Au dernier contrôle à environ 30 km de l'arrivée, nous apprenons que le parcours a été rallongé pour contourner des travaux. Lorsque nous passons le km 300 il reste donc toujours une quinzaine de km à parcourir. Sur ces derniers km nous roulons à une allure vive comme si nous venions de faire 100km et non 300. Et puis, nous arrivons enfin à Rockenhausen. Nous traversons le village et franchissons la ligne d'arrivée. Je salue mes compagnons de route, récupère mon certificat de marathonien et mon polo pour ensuite rejoindre Gilles et Michel qui m'attendent au club-house. Ils devinent facilement ce dont j'ai envie et la bière ne tarde pas d'arriver.

Pour ma part, je suis très content d'avoir réussi le grand parcours. A la fin de la journée, mon compteur affiche 316km, 4951m de dénivelé et une moyenne de 25,4km/h (sans tenir compte des temps d'arrêt au postes de contrôle). J'ai passé un peu moins de 12 heures et demie en selle. Je reviendrai certainement l'année prochaine en espérant une représentation plus nombreuse de l'AS Meudon. Il y a d'ailleurs des rumeurs qu'un parcours de 350km pourrait voir le jour en 2010 pour fêter la 30ième édition du Nordpfalz - Radmarathon. Au niveau organisation, mes compatriotes étaient à la hauteur de leur réputation. Le fléchage était excellent avec un seul endroit un peu critique sur plus de 300km. Les ravitaillements étaient copieux et variés.