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Le forum : Radmarathon

samedi 13 juin 2009

Radmarathon

Auteur: Michel Santidrian
Rockenhausen, le 30/06/2009

Rockenhausen, petite ville du Palatinat, est notre point de départ pour demain ainsi que notre lieu de gîte. Appartement avec 2 chambres et cuisine équipée mais sans casseroles ni couteaux de cuisines, et pire que tout, sans ouvre-bouteille. Au pays de la bière imaginez l'offense. Heureusement j'ai dans ma besace ce petit ustensile bien utile aux amateurs de ce délicieux breuvage.
Après avoir pris possession de notre pied à terre, direction la cuisine de l'hôtel qui nous prête gracieusement les ustensiles ménagers.
Ayant déjà ramené avec moi le principal de notre repas, nous nous dirigeons vers la superette du coin ouverte jusqu'à 22h (qui a dit que les boutiques au pays de Goethe fermait avec le coucher des poules !!!). Après avoir fait provision de charcuterie locale (hum...), direction la boutique des liquides qui se trouve juste en face. Les allemands séparent à juste titre cet endroit là. Quand on se sert par caisses, vaut mieux ne pas y aller avec un petit caddie de supermarché. D'ailleurs, à part la caissière, y'a pas beaucoup de nénettes dans ce lieu. C'est plus réservé aux mecs. Chacun son rayon, na !
N'étant pas loin nous en avons profité pour repérer notre lieu de départ.
Surprise, à quelques dizaine de mètres de l'entrée nous tombons devant un bistrot ambulant. Un genre d'estafette quoi. Ca tombe bien. On a rien bu depuis le départ.
Bière soda ou coca, on n'a pas le choix. Avec un sourire de connivence, nous faisons comprendre au couple de tenanciers que les boissons sucrées ne sont pas ce que nous sommes venus chercher dans ce beau pays. Pris pour des hommes sérieux, la patronne nous tire la boisson demandée en pression, mais catastrophe, au moment de compléter les trois verres tirés le fût est vide. Grandes palabres entre monsieur et madame, changement de fût et complément des chopes. Prosit, prosit, à la santé de tous les consommateurs présents, dégustation.
Je sors un billet de 10 EUR et regard de la patronne sur ledit billet. On aurait dit que je sortais GROS billet. Repalabres entre couple et stupeur, les boissons nous sont offertes. Reprosit et nous nous donnons RV pour demain. L'adresse est trop bonne.
Diner somptueux () d'avant course avec nos céréales liquides fraiches achetées ce tantôt (vous arrivez à suivre ? bon on continue).
Michael étant partant pour le circuit de 303 kms, il est convenu de se lever à 5 plombes du mat car le départ étant à 6h, pas question de faire la grasse. Ce genre de parcours prend avec les arrêts près de 14 h de selle. Retour prévu vers 20 h.
Gilles et moi, ne faisant que le 151 kms, préférons partir à 7h.
Après s'être inscris, départ vers l'inconnu.
Beaucoup de monde à califourchon sur leurs vélos mais personne ne part. Avec Gilles on se décide à partir tous les deux puisque personne ne bouge. Une poignée de kms plus loin vers Insweiler, on se fait rattraper par un groupe de sept unités. On se lance un bref coup d'oeil et on suit le groupe. L'allure est bonne car le départ est roulant. Les allemands se relaient bien. Nous, on observe.
Hefersweiler, 21 ème km 1er contrôle. Déjà... mais on n'est pas encore chaud que l'on s'arrête... Tampon sur le carton et bananes et thé comme ravito. Pas d'autre choix.
Nos compagnons de route nous dévisagent, retirent leurs coupe vent et c'est reparti. Non. Il y en a un qui a des problèmes avec son dérailleur, des gros même. Un de ses collègues vient à la rescousse et l'aide tant bien que mal. Ca grincera pendant tout le parcours. Ca y est, c'est bon on redémarre.
Les hostilités commencent. La 1ère bosse nous surprend par leur façon de l'aborder. Tout à gauche !!!
Gilles se sentant en jambes commence à enrouler son gros développement habituel. Un gars admiratif me dit en anglais que mon copain est costaud. Je lui dis oui, et voyant Gilles s'arrêter, qu'il à pris de l'avance pour prendre des photos. Un « ya » de compréhension me parvient. Apprenant que nous venons de Paris, ils ne comprennent pas pourquoi nous venons de si loin pour faire une rando. Nous leur expliquons que nous aimons découvrir les cyclos étrangères comme le Tour des Flandres ou l'Amstel Gold Race. Un « Ah » d'admiration nous répond.
Très vite on se rend compte que sur les bosses, ça monte presque à la vitesse du groupe 3. Va falloir faire avec sinon on est bon pour rouler tous seuls.
Les villages passent, les gens balaient devant leurs portes ou frottent leurs pots de fleurs et jardinières. La nature est superbe. Très jolis paysages boisés séparés de champs d'orge, de forêts et partout la même propreté. Pas un tag, pas même un papier ou un mégot par terre. De quoi rêver.
Merzweiler 63 ème kms 2ème contrôle. Re thé et bananes (ça nous suivra partout ce ravito là) avec en plus un genre de gaufres moelleuses. Re coup d'oeil au dérailleur qui crie au supplice. Faudra faire avec.
Des groupes nous dépassent, on s'accroche mais nos compagnons ne suivent plus dès que ça monte un peu trop. On reste solidaire.
Les bourgades passent. La caractéristique des villages allemands c'est qu'ils ne sont jamais très éloignés les uns des autres. Les grands espaces sont rares et parfois plantés d'éoliennes. En France les villages peuvent être espacés d'une dizaine de kms, pas ici.
Trouvant que l'allure s'essoufflait et que j'avais de bonnes jambes je prends la tête du paquet. A la moindre montée Gilles me demande de ralentir car ça n'arrive pas à suivre.
Montée de la « tour hertzienne » comme l'appelle Gilles (je ne vous dis pas pourquoi, vous l'avez deviné) sur un petit braquet car la bosse de 3 ou 4 kms env. demande du respect.
102 ème kms, 3ème contrôle et c'est la fin du parcours commun. Nous changeons de cap direction l'arrivée. Les deux grands parcours de 236 et 303 kms continuent. Pour les plus costauds c'est encore 8 ou 9 h de vélo. Nous avons droit en plus à du pain d'épices, barres céréales, minis mars et fruits secs. Une boîte de pâté est bien ouverte mais elle est réservée aux « bêtes » et le pain est planqué. Rigolent pas les germains. T'as pas droit t'as pas droit, c'est tout. T'avais qu'à faire le grand ! Michael me dira que question ravito ils ont été aux petits oignons. Pas de places pour les petits joueurs ! Z'ont même eu droit à de la bière dans les ravitos suivant EUX !!!
Grandes séries de plats et de faux plats. La machine est chaude. Elle marche à merveille. Je me venge un peu de cette mise au repos forcée et de cette reprise laborieuse. Gilles s'égosille toujours. T'as fais exploser le paquet, ralentis sinon on rentre seuls. OEil mi noir mi respectueux de nos hôtes qui serrent les dents mais ne se plaignent pas. Sans blagues, ce n'est pas des franzosichs qui vont nous faire peur. La bosse suivante est montée avec mézigue en queue du groupe afin de discutailler un peu. Y'en a même un qui me prend en vidéo me dira plus tard Gilles.
Reiffelbach, 133 ème kms et 8 ème et dernier contrôle. (ben oui, les 4, 5, 6, et 7 ème sont ceux des balèzes !!!)
Pour bibi ça commence à être un tantinet long, car je n'ai plus l'habitude de ce genre de kilométrage, mais la socquette est encore légère. Pas le séant. Ca chauffe sous le cuissard !
Les derniers kms sont avalés à une vitesse raisonnable. Dernière descente et la « Donnersberghalle » est en vue. Il est 14h 30.
Chaudes poignées de mains à l'arrivée et promesses de se revoir l'année prochaine en plus grand nombre.
Nos nouveaux amis vont se débarbouiller un peu et nous on va se rafraichir la gorge. Faites couler les céréales liquides !! On n'est pas venu pour faire carpette. Faites péter l'ouvre bouteilles ! Mathias et sa bande nous trouvent attablés bières et saucisses à la main. Pour eux ce sera pâtisserie et café au lait. Si si, vous avez bien lu. Avec Gilles on n'en revient pas. De la vraie pâtisserie, hein, genre forêt noire et autres douceurs de leur cru. Pas de pils ou de weizen pour eux, ils prennent la route après !!! It's coffee time... avec un gros nuage de lait!
Trois saucisses bières plus tard, ça va mieux. Echange de mail avec Gilles afin de nous envoyer le film vidéo et les photos prises tout au long de ce sublime parcours.
Toute cette verdure rencontrée m'a « enivrée ». Les voitures se sont faites rares et la météo fort belle.
Ne reste plus qu'à aller se doucher et à attendre l'arrivée de Michael.
Les heures passent autant que les pils.
Enfin arrivée du radmarathonien (rad et une contraction de fahrrad qui veut dire vélo). Il est 19 h 45. La mine est fatiguée mais pas déconfite. Ce n'est pas un cadavre qui s'attable avec nous. Une saucisse bière est avalée en trois coup les gros. Prêt pour la 3 ème mi-temps (que Gillou et moi avons depuis longtemps commencée)...
Arrivée à l'hôtel, douche et recherche d'un resto original. N'en trouvant pas on se rabat sur celui de l'hôtel. Le patron turc qui fait un peu de vélo est épaté par la prouesse de Michael.
Retour sur Meudon le lendemain matin vers 10 h.
Super séjour et super contact avec les allemands.
Rando à proposer au bureau pour la richesse de ses paysages et de ses brasseries.